20.2.05

Des bonnes manières en général et du respect de la propriété

Dans les milieux libéraux, il est de notoriété publique que le roi du coupe-ongles n'en est pas à une faute de goût près. J'en veux pour preuve le fait d'armes qui lui a valu ce sobriquet peu flatteur : un jour que nous dînions de concert après une conférence-débat sur "La présomption fatale" de F.A. Hayek, notre compagnon de table sortit de sa poche un coupe-ongle et se mit incontinent en devoir de débarasser les extrémités de ses doigts de la corne superflue qui les ornait. Inutile je pense de vous décrire le dégoût éprouvé par les joyeux convives. Mais passons. En effet, tout cela n'est que peccadilles en regard de son dernier exploit.

Ce weekend se tenait à Bruxelles la troisième édition du Capitalist Ball organisée par le Center for a New Europe, un think-tank libertarien d'importance. Le roi du coupe-ongles, appelons-le Urbain-Joseph pour l'occasion, avait été invité à l'édition précédente, mais entre temps ses divergences de vue avec nombre d'acteurs de la communauté libertarienne francophone, ainsi, sans doute, que ses manières à table, avaient dissuadé les organisateurs de l'événement de l'inviter à nouveau.

Notre goujat de service ne l'entendait apparemment pas de cette oreille. Les organisateurs eurent donc la désagréable surprise de le voir débarquer au milieu du repas. A une organisatrice qui lui faisait remarquer d'un air outré qu'il n'avait pas été invité, Urbain-Joseph, sans se démonter un instant, rétorqua "ben quoi, il y a encore de la place, non ?".

Détail piquant : à peine quelques semaines auparavant, Urbain-Joseph, fervent champion de la propriété privée, défendait mordicus sur le forum de la communauté libérale le droit pour un propriétaire de tuer sur-le-champ quiconque s'aventure sans autorisation sur sa propriété. Il est heureux que ses arguments - dont le plus subtil reste sans conteste le "achète-toi un cerveau" qu'il lance avec mépris à ses contradicteurs - n'aient pas convaincu ceux des convives qui fréquentent actuellement le forum, sans quoi il ne fait nul doute que l'outrecuidant personnage ne fût resté sur le carreau.

Non content d'être un grossier merle doublé d'un sans-gêne, Urbain-Joseph nous a démontré ce vendredi qu'il n'est même pas capable de pratiquer lui-même la vertu qu'il prône comme cardinale : le respect de la propriété d'autrui.

5 Commentaires:

Blogger Fabrice a écrit...

Je n'ai pas l'heur de connaître notre Urbain-Joseph, fort peu urbain soit dit au passage.
Néanmoins, à la lecture de votre post, Messire Constantin, je n'en éprouve nul regret !

20/2/05 05:08  
Blogger Constantin a écrit...

Je pense au contraire qu'il vous est familier, mon cher. N'oubliez pas qu'il rend de temps à autre visite au meilleur forum du monde.

20/2/05 12:23  
Blogger Fabrice a écrit...

Certes, Messire, certes. Je voulais simplement dire que je ne l'avais jamais rencontré en chair et en os.

Plus encore : j'ignore à quoi il ressemble, je n'ai jamais vu, ne serait-ce qu'une photo, d'Urbain-Joseph.

20/2/05 13:32  
Blogger Constantin a écrit...

Nous ne pourrons plus vous être d'un grand secours en la matière : cela fait belle lurette que l'AGLLB a pris ce loustic en grippe et qu'il n'est plus convié à nos agapes ou à nos débats.

20/2/05 14:12  
Blogger Fabrice a écrit...

Je ne m'en porte toutefois pas plus mal.

21/2/05 12:05  

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