17.10.05

Novlangue et réifications

Dans une précédente chronique, nous avions eu l'occasion de découvrir les attraits que revêt la réification - ou hypostatisation - pour nos politiciens toujours désireux de masquer leurs intentions réelles derrière un écran sémantique impénétrable. La semaine dernière, c'est notre amie Laurette Onkelinckx qui en a fait un usage fort astucieux, que le journaliste de la RTBF qui l'interviewait a bien entendu laissé passer, trop occupé sans doute à servir la soupe à la ministre comme c'est la tradition dans ce bon vieux bastion du sévice public.

L'égérie du socialisme malfaisant commentait la nouvelle taxe sur les SICaV de capitalisation en ces termes : "jusqu'à présent, une forme de revenu échappait à toute taxation, alors que la fiscalité du travail faisait peser un fardeau insoutenable sur les gens. Désormais, et ce n'est que justice, le capital lui aussi sera taxé". Si l'on prend cette phrase au pied de la lettre, le capital est donc une sorte d'entité malfaisante et douée d'une volonté propre qui jusqu'ici se montrait rétive à toute velléité de taxation, alors que "les gens", eux, supportaient seuls le poids écrasant de la fiscalité noire-jaune-rouge. Heureusement, grâce à nos bons ministres, cette situation intolérable a pris fin, et "le capital" sera logé à la même enseigne fiscale que "les gens".

Je suppose qu'il serait vain de croire que les socialistes arrêteront un jour de croire en Marx, et de faire du "capital" leur démon favori, mais là, quand même, c'est un peu fort de café. N'oublions quand même pas que Laurette parle des SICaV de capitalisation, véhicule d'investissement préféré des "petites gens" que les socialistes entendent défendre. Prétendre donc que "le capital" ainsi taxé est dissocié des "petites gens" qui subissent notre horrible pression fiscale, et que la nouvelle taxe rétablira l'équilibre est monstrueux de cynisme, et tenir sans honte de tels propos devant les journalistes prouve une fois de plus que pour les politiciens, et particulièrement les politiciens socialistes, les citoyens sont vraiment des andouilles. Quant au journaleux qui a laissé passer cette remarque sans relever la réification, mérite-t-il encore vraiment sa carte de l'AGJPB ?




6 Commentaires:

Blogger mispe a écrit...

On m'a appris a l'ecole que le capital c'etait du travail épargné rien de plus. Epargne parce que je bosse plus que je ne consomme, ou que j'invente des outils qui me permettent de gagner du temps. Cette "categorisation" politique du Capital est donc parfaitement revoltante, aberration intellectuelle appartenant a la categorie des demagogues de caniveau

18/10/05 00:00  
Blogger SFO a écrit...

Il faut quand même être gonflé: les SICAV, les gens les ont acheté avec l'argent qu'ils ont gagné, qui a été taxé au niveau de leur employeur, taxé quand ils ont été payés et qui va être taxé une troisième fois quand ils vont vouloir le mettre de côté d'une façon ou d'une autre. Et quand ils revendront leurs SICAV pour dépenser cet argent, il sera taxé une quatrième fois sour forme de TVA.

Nous vivons dans un pays formidable.

20/10/05 12:04  
Blogger SFO a écrit...

Mispe, nous vivons sous un régime socialiste de consommation. L'épargne n'est plus à l'ordre du jour. Le citoyen modèle travaille le moins possible, gagne le plus possible d'argent par des revenus nons liés au travail (allocations et magouilles diverses) et dépense tout et même plus -vive le crédit bon marché pour tout et n'importe quoi/qui-.

Dans un tel contexte, l'épargne est vue, au mieux, comme une espèce de déviation psychologique vicieuse, un peu comme la masturbation ou se manger les cheveux. Il est donc évident que c'est la bête noire à chasser.

21/10/05 09:58  
Anonymous Guilhem a écrit...

"pour nos politiciens toujours avides de masquer leurs intentions réelles derrière un écran sémantique impénétrable."

Avide de pouvoir, de savoir, etc, certes mais certainement pas "avides de masquer". Il s'agit là d'une impropritété aussi amphigourique qu'inélégante.
"enclins à" eut été plus approprié.
Il en va de la rigueur langagière comme de la Liberté. Elle ne se décrète pas.
Pourfenseur de la "novlangue", vous sombrez dans un maniérisme des plus ridicules. Votre ton péremptoire n'a d'égal que votre prétention. Mauvaise habitude dont il est hélas difficile de se dépendre.
Vous êtes un très mauvais défenseur de la Liberté et de la langue francaise.

23/10/05 00:18  
Blogger Constantin a écrit...

Je vous remercie de votre remarque, je corrige de ce pas mon texte pour effacer cette impardonnable erreur.


Veuillez cependant, mon cher Guilhem, éviter de rejeter mes idées simplement parce que leur formulation est parfois boîteuse.

24/10/05 20:10  
Anonymous woland a écrit...

Et oui, qui controle le language controle la pensée...

27/10/05 12:46  

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